Vraies fausses déclarations de l'après référendum. (Pour rire ?) Par Catherine KINTZLER
Après les résultats du référendum du 29 mai 2005. Quelques résumés de déclarations entendues au fenestron (bien entendu, ces déclarations sont de pures fictions, j'ai tout inventé).
Jacques Chirac. "Mes chers compatriotes, après la connerie que vous venez de faire, je vais m'appliquer à rassurer nos partenaires européens sur nos engagements. Vous avez beau avoir voté massivement contre le TCE, rien n'a changé sur ce terrain : c'est moi qu'ils doivent croire, et non le scrutin. Evidemment sur le plan intérieur je vous ai entendus (c'est exactement du reste ce que je vous ai déjà dit pour être élu en 95 et vous m'avez cru), je donnerai à vos inquiétudes la solution que
j'ai trouvé la plus appropriée et qui m'a toujours réussi jusqu'à présent : un
remaniement ministériel suffira. Mais faites gaffe, si le peuple français
continue comme ça il faudra envisager des solutions douloureuses, et pour
commencer on va vous punir en appliquant le traité de Nice que j'ai signé avec
M. Jospin et sur lequel vous n'avez jamais été consultés."
(C'est un premier
pas vers une dissolution du corps électoral?)
Jack Lang
"Ce qui
vient de se produire est un mouvement de fond. Comment n'avez-vous pas compris
que, lorsque je faisais campagne pour le oui, je disais en réalité qu'il fallait
voter non ? C'est toujours ce que j'ai pensé. Ce n'est pas moi qui tourne, c'est
le vent."
François Bayrou
"Je me suis gourré. Mais je suis fier de
m'être gourré, car je l'ai fait avec conviction"
François Hollande
"Tout ça est la faute à Chichi. Le PS n'est pas désavoué, car les Français
se sont prononcés massivement contre la politique du gouvernement, le reste n'a
aucune importance. Nous on est contre ce gouvernement, donc les Français doivent
continuer à nous faire confiance comme opposants et à nous élire pour une
véritable alternative politique. Tout ce que je regrette, c'est de ne pas avoir
eu assez d'autorité pour imposer silence à nos dissidents afin de faire
comprendre aux électeurs que les votes internes sont beaucoup plus démocratiques
que les scrutins au suffrage universel."
Ségolène Royal (plus teigneuse)
"Les Français ont tout faux, ils ne savent même pas répondre à la bonne
question, pourtant on leur avait bien expliqué qu'il fallait attendre et se
déculotter en attendant, et maintenant ils vont avoir la gueule de bois, et on
va voir ce qu'on va voir. Heureusement que Jospin a signé le traité de Nice"
(ah, Ségolène, tu manques vraiment de grandeur. Mais oui on a la gueule de
bois, mais c'est d'avoir fait la fête rien qu'en regardant vos mines déconfites)
Thierry Breton, ministre de l'économie (au fait, combien de voix aux
élections celui-là ?)
"Les Français viennent de me mettre un sac de sable de
20 kg sur les épaules, merci, ça va être très dur de se faire entendre
maintenant, mais je suis courageux, je continue la course"
(Encore un qui
pense que le suffrage ça plombe un pays, pardon, je voulais dire les
investisseurs en quête de profits.)
Bertrand Delanoë (in petto)
« Je
suis au fond très content du vote des Parisiens riches, vieux, protégés et
autres bobos, mais chut il ne faut pas le dire. Et quand j'entends Sarko faire
sa grande déclaration je me dis qu'il a dégainé plus vite et plus fort que moi,
c'est mon seul regret ce soir. Tant pis, vive la France urbaine et en avant pour
un grand oui aux Jeux Olympiques. »
Quant à l'extérieur, je retiens la
brillante prestation de Jean-Claude Juncker, premier ministre du Luxembourg
(rappelez-moi, combien d'habitants ?) et président de l'Union européenne :
"Les Français nous posent un problème. On va se pencher sur leur cas.
Peut-être qu'ils sont malades et ce qui serait terrible c'est que les autres
peuples européens soient contaminés"
(au fait, les Français avaient aussi
posé un problème à l'Europe en 1792, non ?)
Entendu aussi un technocrate
européen - ou un journaliste cire -bottes des technocrates européens je ne sais
plus très bien :
"ça va être dur d'expliquer ce non français aux autres pays
européens. Vous risquez de ne pas être compris"
(Traduction très libre de ma
part : "ça va être dur d'expliquer ça aux technocrates européens, mais ici tout
le monde a la trouille que les autres peuples européens ne comprennent que trop
bien.")
Catherine Kintzler








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Dans la même veine, le chef de rédaction d'une chaîne d'information continue liée au batiment à ses employés :
"Il faut maintenant déconnecter autant que possible l'analyse des raisons du non de la question du libéralisme, on n'a pas pas été capables d'être les plus forts pour faire croire avec Jospin que ce traité n'était pas du tout libéral. C'était un beau défi, mais on avait le texte contre nous, tant pis. Revenons donc à la bonne vieille opposition du nationalisme refermé sur ses impuissances et de la construction européenne ouverte et porteuse de sens. Invitons uniquement les souverainistes de gauche et de droite pour bien faire voir à ceux qui ont voté contre le traité pour une Europe plus démocratique et sociale qu'ils se sont trompés de camps, comme ça ils regretteront et la prochaine fois, ils revoteront du côté de la grande finance internationale, de notre côté, en croyant voter pour l'internationalisme, comme on avait réussi à le leur faire faire du temps de Maastricht".