Manuel critique du parfait Européen
1. LE COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Manuel critique du parfait Européen. Les bonnes raisons de dire "non" à la Constitution.
Contact presse : Séverine Roscot. Tél. : 01 40 46 51 77
Fax : 01 40 46 43 35 - sroscot@seuil.com
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Le livre
Depuis la victoire du "oui" lors du référendum interne au PS, voici le premier ouvrage publié par un intellectuel engagé au plus haut niveau de ce parti et prenant résolument parti pour le "non" au "traité établissant une Constitution pour l’Europe". Assumant en toute connaissance de cause la portée politique de sa démarche, Jacques Généreux exposera publiquement comment et pourquoi elle lui semble compatible avec son engagement au Parti socialiste et la loyauté qu’il doit, non seulement à son parti, mais aussi aux engagements que ce dernier a pris dans les textes votés à l’unanimité par son Conseil national et devant les Français à l’occasion des élections européennes.
Ce livre est d’abord celui d’un "parfait Européen". On n’y trouvera en effet pas la moindre trace d’euroscepticisme. C’est l’œuvre d’un partisan résolu de l’euro, du marché unique, de l’élargissement (jusqu’à la Turquie et même au-delà) et, qui plus est, convaincu que cette construction européenne peut à nouveau être au service d’un projet social progressiste. S’il dit "non" à cette Constitution, c’est parce qu’elle est tout sauf une vraie Constitution démocratique. S’il dit "non" au projet néolibéral de l’Europe espace de libre échange — où se déchaînent la guerre économique, le dumping fiscal et social et les délocalisations —, c’est parce qu’il défend le projet d’une Europe politique, démocratique et sociale. Il exprime le "non" de pro-européens qui ont jusqu’ici dit oui à tout. Il s’agit donc pour lui de sauver le projet européen des fondateurs — qui voulaient se servir de l’intégration économique et du marché unique pour aller vers l’Union politique et non pas, comme on le fait aujourd’hui, se servir du dogme de la libre concurrence pour détruire toute régulation politique et toute construction des États-unis d’Europe.
Si l’ouvrage mérite le titre de "manuel", c’est qu’il est écrit par un maître reconnu de la pédagogie des questions politiques et économiques les plus complexes. Son objectif explicite est que les citoyens soient confortés dans leur préférence, pour le oui ou pour le non, mais en connaissance de cause. C’est donc avec le même talent didactique qui a fait le succès de ses livres d’économie que le professeur s’attache ici à expliciter le texte de la Constitution, les enjeux, le contexte historique, les visions alternatives de l’Europe, les conséquences du "non" et celles du "oui", etc.
Mais bien évidemment il s’agit avant tout d’un essai critique. Et la critique est ici aussi radicale que le livre est rigoureux et didactique. Jacques Généreux soutient que le projet en débat est une "arnaque" : on veut faire avaler comme un progrès historique ("enfin une vraie Constitution politique pour l’Europe !"), une simple compilation amendée de l’ensemble des traités existants. À l’heure où les Européens rejettent partout la montée de la société de marché néolibérale, souffrent du dumping fiscal et social, redoutent l’amplification des délocalisations, il serait bien délicat d’obtenir la ratification d’un texte présenté comme un simple traité mis à jour et ne remettant nullement en cause l’orientation néolibérale des politiques européennes. Les néolibéraux aujourd’hui en position de force, ont donc résolu de tromper les citoyens en leur vendant une "Constitution" (dont l’idée même est très populaire en Europe), en comptant sur la paresse et le sentiment pro-européen pour que la plupart des citoyens n’étudient pas de trop près de quoi il s’agit en réalité.
Ce livre montre, en outre, que cette Constitution vise à détruire définitivement la possibilité de construire une Europe politique et sociale et à donner la force symbolique et juridique d’un texte constitutionnel au modèle de l’Europe espace de libre-échange. L’auteur ne voudrait pour rien au monde une Constitution socialiste : "Quelle horreur !" dit-il en évoquant cette idée. Il veut une Constitution qui laisse aux citoyens européens la pleine capacité de choisir des politiques plus ou moins libérales, plus ou moins social-démocrates. Voilà pourquoi il dénonce un texte qui rend anticonstitutionnels, notamment, l’harmonisation sociale par le haut, un critère de salaire minimum européen, la régulation des mouvements de capitaux, toute entrave à la libre concurrence, etc. Un texte qui, en imposant l’unanimité sur toutes les questions essentielles, interdit à toute majorité politique européenne, même très large, la possibilité de mener des politiques conformes aux vœux des peuples d’Europe.
Voilà pourquoi, explique Jacques Généreux, cette Constitution est en vérité anti-européenne ! Elle marque la victoire de tous ceux qui, depuis les origines, se battent contre la construction progressive d’une Union politique. Et, conclut-il, si aujourd’hui, le "non" des pro-européens ne l’emporte pas, si on impose aux peuples une Europe ultralibérale dont ils ne veulent pas, alors ils deviendront de plus en plus anti-européens, les peuples se tourneront toujours davantage vers les souverainistes, les nationalistes et les fascistes et, un, jour prochain, c’est le "non" à l’Europe des anti-européens qui l’emportera !
Bien sûr, on ne manquera pas de sommer l’auteur d’expliquer pourquoi une large partie de la gauche européenne soutient un pareil traité ? Il a de quoi répondre : cela fait dix ans qu’il analyse et décrit dans ses livres la nature et les causes de l’impuissance et de la dérive libérale de cette gauche européenne...
L’auteur
Professeur à Sciences Po., auteur de seize ouvrages, parmi lesquels des best-sellers d’initiation à l’économie et des essais politiques (Quel Renouveau socialiste ?, Textuel, 2003 - Chroniques d’un autre monde, Seuil, 2003 - Une raison d’espérer. L’horreur n’est pas économique, elle est politique, Plon, 1997, Pocket, 2000 - Droite, Gauche, Droite, Plon, 1995).
Chroniqueur dans le mensuel Alternatives économiques, coproducteur et animateur de l’émission hebdomadaire L’économie en questions sur France Culture (de 1998 à 2002), puis chroniqueur hebdomadaire dans l’émission Le rendez-vous des politiques (depuis 2003).
Membre du Conseil national du Parti socialiste, membre de la direction nationale du courant "Nouveau Monde", co-rédacteur de la contribution de ce courant au dernier congrès du PS (Dijon, 2003). Candidat socialiste aux élections européennes de juin 2004 et ami personnel du président du Parlement européen (le socialiste espagnol Josep Borell), Jacques Généreux est, du fait de ses engagements, en première ligne des débats internes qui traversent la gauche française et européenne. Il enseigne, par ailleurs, l’analyse économique des institutions et de la vie politique depuis dix ans.
C’est à ce double titre, politique et universitaire, qu’il a travaillé sur le projet de Constitution européenne dès son origine. Depuis l’automne 2003, il est intervenu dans des dizaines de débats, conférences, meetings pour présenter et défendre la position des pro-européens partisans du non, il a rédigé bien des argumentaires qui circulent aujourd’hui encore dans les partis de gauche et les divers collectifs en campagne pour le "non".

![En Haut [^]](/public_images/skins/itheme/fleche-haut-13.png)
a Roumanie va adhérer à l'Union. Pour fêter ça, le site des ambassades de Roumanie nous apprend que "le gouvernement vient de prendre des mesures d'allégement fiscal à effet immédiat. L'ordonnance d'urgence prévoit la baisse de l'impôt sur les sociétés de 25 % à 16 %". Comme les voisins baissent leur impôt sur les bénéfices, l'Allemagne fait pareil : l'impôt va passer de 38,3 % à 32 %. En quinze ans, le taux moyen d'impôt sur les bénéfices a déjà baissé d'un tiers en Europe. Pour la France, en 2005, c'est un manque à gagner de 17 milliards (l'équivalent du déficit de la Sécurité sociale plus deux fois le budget du CNRS...). Et le mouvement va s'accélérant.
Parce que Jacques Chirac n’a rien fait pour défendre nos priorités et que les chefs d’Etat et de gouvernement ont abîmé le texte que la Convention avait préparé. Ils ont dégradé, compliqué et reporté l’amélioration du processus de décision. Ils ont supprimé l’exigence de transparence que la Convention voulait imposer aux travaux du Conseil. Ils n’ont pas supprimé la référence à l’héritage religieux et ils ont affaibli la portée de la Charte des droits fondamentaux. Ils ont introduit la stabilité des prix parmi les objectifs de l’Union. Ils n’ont pas autorisé le fonctionnement des services publics en dehors des règles de la concurrence. Ils n’ont pas permis la définition d’un salaire minimum, ils n’ont pas fait progresser l’harmonisation fiscale et ont supprimé les maigres avancées arrachées par la Convention sur la lutte contre les paradis fiscaux. Ils ont supprimé les pouvoirs du Parlement européen dans la négociation du budget. La Convention a eu la trop grande sagesse de ne pas toucher à ce qui relevait de leur pouvoir direct, le mode de révision de la future Constitution. Sans surprise, leur seul point facile d’accord aura été de n’y rien changer. 









1 -
Jamais les socialistes que je cotoie n'expriment leurs pensées intimes et votre "Manuel critique du parfait européen" m'a éclairé et je l'avoue beaucoup inquiété.
Il est aujourdh'ui évident que la chute du mur de Berlin n'a rien résolu et que la disparition de certaines phrases telles que dictature du prolétariat de votre vocabulaire laisse plané la menace d'une dérive totalitaire.
Robespierre et Saint Just ne sont pas loin. .
Vos propos suent tellement la haine, qu'on les croirait écrits par Guy BEDOS.
Et je frémit en vous imaginant, le soir à la veillée, comptabilisant les rouleaux de barbelé et dressant les plans camps des futurs camps de rééducation ou vous enfermeré l'affreux libéral que je suis, lorsque le socialisme mondial aura triomphé.
Quand je pense que vous osez vous prétendre que le libéralisme a donné naissance au socialisme. Le libéral croit en l'homme, pas vous.
Et quand je pense que vous enseignez.
Je pensais voter "non", pour des raisons essedntiellment juridiques, vous m'avez convaincu du contraire et je vous en remercie vivement.
A l'avenir je vous lirai, et prendrai le contrepied de vos positions. Je gagnerai beaucoup de temps et vous en remercie.
Guy REYDELLET