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Le PS doit s'associer aux partisans du "non" pour exiger un débat pleinement démocratique

Par Jacques Généreux • Débat européen • Vendredi 25/02/2005 • 0 commentaires • Version imprimable

Jacques Généreux, membre du Conseil national du PS, demande instamment à François Hollande d'associer le Parti socialiste à la légitime revendication des associations et partis politiques qui exigent le respect du pluralisme démocratique dans le débat sur le référendum .

À François Hollande, Premier secrétaire du Parti socialiste.
Le 26 février 2005.


Cher François,

Le gouvernement vient de lancer une campagne d'information des citoyens sur la Constitution européenne en vue de les inciter à accomplir leur devoir civique lors du prochain référendum. C'est une démarche louable et nécessaire, à la seule condition qu'il s'agisse d'une vraie campagne d'information et non d'une campagne de propagande pour le "oui".

Or les premiers spots lancés sur les ondes laissent craindre une entreprise de désinformation puisqu'ils consistent en une citation tronquée de la Constitution, manifestement destinée à mettre en avant une disposition consensuelle (la consultation des citoyens) tout en occultant ses limites.

Par ailleurs, une trentaine d'associations, de syndicats et de mouvements politiques de gauche dénoncent à juste titre : - l’occultation délibérée du contenu de la Constitution ;
- la création d’un sentiment de peur chez les citoyens, en brandissant des épouvantails imaginaires (le rejet du texte signifierait la fin de l'Europe) et en censurant ou déformant sciemment les arguments de ceux qui dénoncent le caractère trop libéral du traité constitutionnel ;
- la mise en avant permanente, comme seuls partisans du "non", de partis ou mouvements de droite et d’extrême droite.

Le Parti socialiste a choisi de faire campagne pour le "oui" et souhaite naturellement que le "oui" l'emporte à l'issue d'un débat démocratique, au cours duquel toutes les positions auront disposé d'un égal accès à l'expression publique. Il souhaite également que les citoyens soient pleinement informés sur le contenu de cette Constitution, sur ce qu'elle maintient des traités existants, ce qu'elle modifie, etc. En aucun cas le Parti socialiste ne peut cautionner par son silence, ni une désinformation programmée par le gouvernement, ni la censure ou la sous-représentation des partisans du "non". C'est l'honneur du parti qui est en jeu.

Si le parti veut manifester clairement qu'il n'est pas en campagne contre les syndicats, associations et partis de gauche qui disent "non" à la Constitution européenne ; si le parti veut rappeler haut et fort que son "oui" n'est pas un "oui" de collusion avec la droite et porte un autre projet politique que celui de cette dernière ; si le parti veut incarner la seule façon digne et démocratique de mener un combat politique ; alors, il devrait signer l'appel et la lettre ouverte que je joins à ce message. Rien ne serait plus utile à la démocratie que cette expression solidaire des adversaires en faveur d'une confrontation honnête des arguments.

Mais le parti peut aussi présenter directement ses propres exigences pour un débat authentiquement démocratique auprès du gouvernement et du CSA. Je ne doute pas que tu sauras, avec la direction du Parti, trouver les moyens de faire entendre ces exigences.

Avec mes amitiés socialistes.



Jacques Généreux
Membre du Conseil national du Parti socialiste

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