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Les enseignements d'une déroute

L'avenir du PS n'est pas dans une alliance entre le centre et une social-démocratie amputée de son aile gauche.(Publié dans Libération le 14 mai 2007)

Par Jacques Généreux • Parti de Gauche-Socialisme • Dimanche 27/05/2007 • 17 commentaires • Version imprimable

La défaite des socialistes à l'élection présidentielle est certes moins humiliante que ne le fut celle du 21 avril 2002 ; elle est néanmoins plus sévère et plus troublante. Comme en 2002, la gauche est battue dès le premier tour et plus sévèrement, puisque, toutes tendances confondues, elle recule de 7 points. Cette déroute est aussi plus troublante, car la présidentielle semblait pour la gauche plus gagnable qu'en 2002.

L'orientation néolibérale de la droite française a été lourdement sanctionnée aux élections intermédiaires de 2004, et, dans une certaine mesure, aussi par le non au référendum de mai 2005. La droite devait assumer un bilan assez affligeant sur tous les terrains. La candidate socialiste avait donc l'avantage du challenger qui peut incarner le changement et le rejet d'une politique de casse sociale vivement contestée par les mouvements sociaux. L'électorat de gauche, traumatisé par le choc du 21 avril, était mobilisé et prêt au vote utile socialiste. La jeunesse des banlieues s'inscrivait massivement sur les listes électorales pour contrer le ministre de l'Intérieur, qui l'avait insultée. Ce contexte semblait encore à l'automne stimuler une demande politique qui inclinait à gauche. Et, du côté de l'offre politique, tout se présentait au mieux. Au lieu de concurrencer la candidate socialiste, Christine Taubira et Jean-Pierre Chevènement faisaient cette fois campagne pour elle. Même la gauche extrême était désormais disposée au report des voix sans condition pour faire barrage à Sarkozy.

Comment se peut-il alors qu'une candidate donnée comme une possible et logique gagnante à l'automne se retrouve en mai à la tête de la plus grave défaite de la gauche depuis quarante ans ? Deux diagnostics s'opposent et commandent deux visions d'avenir pour la gauche. Pour les uns, le curseur de l'opinion française a viré à droite. Pour les autres, c'est la candidate socialiste qui a viré à droite, ou nulle part, et privé ainsi la gauche d'une représentation politique.

Pour les premiers, donc, Nicolas Sarkozy a remporté une victoire idéologique, face à une gauche qui n'a pas saisi à temps la «droitisation» des Français et n'a pas opéré la nécessaire «modernisation» de son discours. L'avenir de la gauche n'est donc plus à gauche ! Il ne servirait à rien au PS de s'allier encore à des satellites en voie de disparition ; son avenir est au centre, dans l'alliance entre un parti social-démocrate et un parti démocrate-chrétien. Dans sa version brute, ce diagnostic est trop grossier. Comment une «droitisation» de l'électorat se serait-elle opérée en quelques mois ?

Certes, la victoire de Sarkozy est celle d'un discours idéologique qui a revendiqué les valeurs d'une droite néolibérale et néoconservatrice (travail, famille, patrie, responsabilité individuelle, effort, mérite, etc.). Dans la Dissociété (1), j'ai montré comment une culture de l'individu guerrier, responsable et méritant, tend à s'imposer en Occident, et comment la droite néolibérale sait l'installer en stimulant notre penchant narcissique au détriment de notre aspiration au lien social. Nicolas Sarkozy a su manipuler le sentiment de dignité que confère aux sans-grade le sentiment d'être plus méritants que les assistés. Mais sa grande force a été de marier son idéologie avec un discours répondant exactement aux attentes de travailleurs exaspérés par les excès et les insuffisances du capitalisme libéral : il s'est montré comme le défenseur du pouvoir d'achat, comme le seul leader osant parler à nouveau de protectionnisme et comme le promoteur d'un Etat efficace au service du public ; il a su incarner le retour du politique face à des forces occultes et sans mandat démocratique qui semblent désormais commander nos destins ; il a réussi le tour de force d'incarner la «rupture» avec le gouvernement sortant, alors qu'il en fut l'un des principaux acteurs.

C'est donc aussi une demande de régulation politique du monde et de l'économie, aspiration de gauche s'il en est, qui s'est trouvée validée par les électeurs. Dès lors, la défaite de la gauche tient probablement plus au fait que cette aspiration ne s'est pas trouvée incarnée par la candidate socialiste, et à ce qu'aucune idéologie n'est venue invalider celle de l'individu méritant. Ségolène Royal ne s'est jamais posée comme la chef de file d'une gauche combattant une droite néolibérale. Loin de revendiquer une idéologie de gauche aussi consistante que l'était celle de Nicolas Sarkozy, elle a semblé à la remorque de son rival en ne parlant que d'ordre, de valeur travail et de refus de l'assistanat. L'impressionnisme, l'incohérence et l'instabilité de son discours économique et social ont fait le reste, face aux propositions extrêmement simples et jamais sérieusement contestées de son rival.

L'élection était donc peut-être gagnable par un candidat... de gauche, tout simplement ! Un candidat s'appuyant sur son camp au lieu de s'en démarquer, articulant avec force et cohérence une conception alternative de la société et du progrès, démontrant l'incompatibilité entre le vernis social de Nicolas Sarkozy et sa volonté indestructible de rendre aux riches l'argent public et à chacun la «liberté» de renoncer à ses droits sociaux. La gauche a donc sans doute moins besoin d'une ample refondation idéologique que de retrouver sa profonde consistance idéologique. Il ne lui manquerait alors que deux choses pour remettre en chantier la société solidaire du progrès et combattre la «dissociété» des individus. Primo, des militants et des cadres socialistes qui renoncent enfin à reconduire les dirigeants, la stratégie centriste et l'inconsistance idéologique qui les conduisent à la défaite. Secundo, construire à gauche un grand parti qui réunisse les divers courants partageant l'aspiration au progrès continu d'une société de solidarité, où l'intérêt général prime sur les profits privés, dans le cadre d'une économie de marché fortement régulée par le politique. C'est là une perspective qui peut rassembler les progressistes, du centre gauche aux communistes, et jusqu'aux «antilibéraux» qui préfèrent oeuvrer à des progrès biens réels qu'exploiter indéfiniment le seul marché de la protestation.

Mais construire ce qui paraît si souhaitable restera longtemps hors de portée si trop de dirigeants du PS persistent à penser l'avenir dans une alliance entre les centristes et un parti social-démocrate débarrassé de son aile gauche. Cette vision inspirée d'une histoire ancienne et étrangère n'ouvre d'autre perspective que l'explosion du PS en deux forces concurrentes. La fraction socialiste authentique capterait alors l'essentiel de l'électorat ancré à gauche, et le parti social-démocrate ne tarderait pas à être absorbé par le parti centriste. Faudra-t-il alors, pour revoir un jour un gouvernement de gauche, attendre que passe la génération centriste, le temps que la génération des jeunes militants qui a fait retirer le CPE remplace celle des ministres socialistes qui ont dit oui à la constitutionnalisation du néolibéralisme en Europe ? Une fois encore, ce sont les militants socialistes qui tiennent l'histoire entre leurs mains.

(1) Seuil, 2006.

Commentaires

Pouvions nous gagner ? par fortino le Lundi 28/05/2007 à 10:12

La défaite du 6 mai, c'est celle d'une candidate accompagné de son parti en campagne depuis 6 mois, face à un candidat armé de son parti en campagne depuis 5 ou 6 ans.
Pour moi le tournant se situe en 2001, lors des municipales où la gauche est sortie défaite, incapable de résister au discours sécuritaire et anti-fiscaliste de la droite. Depuis la droite n'a cessé de poursuivre dans cette voie etd e peaufiner son discours. Comme vous le dite dans votre dernier livre, elle n'a plus grand chose à voir avec la droite républicaine des trente glorieuses.
Autre chose à prendre en compte : l'inversion du calendrier électoral.
Moi qui pensait que le PS s'était construit dans la contestation du régime de la V° République, je dois constater que Mitterrand s'en est plus qu'accommodé et que "YoYo" a accentué la présidentialisation.
En plaçant la présidentielle avant les législatives, il a offert à Sarkozy l'opportunité d'endosser la posture de la rupture. A l'inverse que se serait-il passé, si chaque député UMP sortant avait du défendre dans sa circonscription le bilan du quinquennat, celui de la canicule, de la réforme des retraites, des émeutes et du CPE.
Je me suis toujours demandé pourquoi les socialistes délaissaient les questions de réformes institutionnelles lorsqu'ils étaient au pouvoir, pour ne s'en préoccuper qu'une fois dans l'opposition.
En guise de conclusion, je dirai que la gauche ne s'est jamais remise de 2002, notamment parce qu'elle n'a jamais regardé cet épisode en face, le réduisant de fait à une simple péripétie, qu'il fallait oublier au plus vite.
Pour moi, le sursaut de la gauche n'est pas du à une volonté d'être plus offensif face à une droite agressive, mais seulement aux erreurs de celle-ci.
La gauche aurait-elle pu prétendre gagner les européennes ou les régionales, s'il n'y avait pas eu l'épisode de la canicule?
Car le tournant de 2003 n'est pas celui de la bataille des retraites (perdue ... et pan une nouvelle défaite pour le mouvement social), mais celui de la gestion désastreuse (pour ainsi dire stalinienne !) de la canicule et de son cortège de décès.
Avant ne parlait-on pas d'une gauche "chamalow" ?
Et enfin, ce fameux référendum exprimant moins un "Non" de gauche, qu'un "Non" à gauche, ne surestimons pas sa portée. Tandis que nous nous gaussions d'une affiche où Hollande et Sarkozy voisinaient, nous n'avons pas pris le temps de voir qui étaient nos voisins de tablée, au risque de nous croire seuls du bon côté.
Royal a mené une campagne curieuse, difficile à suivre, avec des choix bizarres (mon dieu cette vilaine affiche du 1er tour), mais elle a sans doute ouvert une voie : celle de la consultation massive des militants et des sympathisants. Nous avons retrouvé le chemin du dialogue avec notre électorat, il ne faut pas s'arrêter là. La gauche que j'ai vu dans cette campagne est à représentative de la société française, encore faudra-t-il lui permettre de continuer à s'exprimer. C'est là tout le travail qui nous attend, si l'on ne veut pas démarrer notre campagne pour 2012 six mois avant l'élection.
Ps : j'ai cru la victoire possible jusqu'à la veille du 1er tour, date à laquelle j'ai fini de lire un livre terrible et lucide édité par la Fondation Jean Jaurès Le descenseur social http://www.jean-jaures.org/PUB/ledescenseursocial.pdf
La 3ème partie sur les opinions dans les milieux populaires est édifiante et l'on perçoit les discours de Sarkozy avec un regard différent.


Re: Pouvions nous gagner ? par J-Genereux le Dimanche 03/06/2007 à 16:38

Je suis assez d'accord avec l'ensemble des ces remarques sauf une. S.Royal n'a pas ouvert la voie de "la consultation massive des militants et des sympathisants". Elle a fait campagne en interne comme en externe en méprisant intégralement le travail des militants et son résultat : " le projet socialiste". Elle a joué les "sympathisants" contre les militants, inspirée par une conception erronnée de la démocratie participative qui consiste à vouloir se passer des partis de militants pour ne s'intéresser qu'à "l'opinion". Cette opération de destruction du PS a été rendue possible par la volonté commune la majorité des "éléphants" désireux de construire un parti de "fans" dans lequel les dirigeants s'arrange entre eux sans avoir à supporter les exigences d'un débat politique avec de vrais militants politiques. C'est bien pour faciliter cette transformation du Parti en Parti démocrate à l'américaine (partis de simples supporters d'un leader et qui ne font pas vraiment de politique) que la direction du PS a lancé la campagne d'adhésion massive à 20 euros sur internet. Il s'agissait de noyer les militants et le débat politique profond qui les divise dans une masse peu structurée politiquement et plus susceptible de suivre l'air du temps (soutenir la candidate qui est en tête dans les sondages) que d'engager un combat pour une ligne politique déjà murement réfléchie.
L'opération a tellement bien réussie, que la défaite de S. Royal n'a aucune chance de produire davantage d'analyse sérieuse et de sens critique que n'en a engendré celle de L. Jospin. Les dizaines de milliers "d'adhérents" qui ont fait campagne, hors du parti et parfois contre son projet adopté à la quasi unanimité des militants, sont piégés par l'attachement sentimental bien compréhensible envers leur candidate et par la difficulté à reconnaître leur erreur. Pour la plupart donc, ils vont poser comme préalable, si ce n'est comme substitut à toute réflexion politique, la certitude que S.Royal est la bonne candidate et que sa ligne et sa méthode sont les seules pertinentes. Ils seront en cela confortés par tous les barons locaux et éléphantaux nationaux qui ne voudront pas davantage se dédire et développeront la rhétorique nécessaire pour transfigurer en outils de la victoire future tout ce qui nous a conduit à la défaite. Et telle est la seule victoire incontestable de S.Royal et qui justifie son contentement radieux au soir de la défaite. Car la défaite de la gauche est la victoire personnelle de S. Royal : la transformation qu'elle a opéré dans la façon de faire de la politique est, à la fois, (en partie) ce qui a ramené la gauche à son plus mauvais score depuis les années 1960, et ce qui lui garantit le contrôle du parti et sa réinvestiture pour mener la gauche à sa prochaine défaite.


Re: Pouvions nous gagner ? par Erasme de Metz le Mercredi 13/06/2007 à 15:27

J.Génreux: j'admire vos analyses et vos interventions toujours claires et percutantes. Je ne suis que plus choqué par vos commentaires du "fan club" ségoliste dont je fais parti. Tous ceux que je connais, à commencer par moi, ont adhéré à une démarche plus qu'à une personne. Et cette démarche repose sur le débat, le concret, les idées. J'essaie modestement de l'illustrer sur mon blog en privilégiant autant que faire ce peut la mise à disposition d'information , de sources pour que chacun se fasse une opinion (ce qui me fait penser que je n'ai toujours pas fait état de la Dissociété).

Sous-estimer ce qu'a pu représenter Ségolène Royal (pas la personne je rappelle) me semble aussi dangereux pour le futur que de l'idolatrer.


osons dire les choses... par Marie le Mercredi 30/05/2007 à 01:19

....telles qu'elles se présentent. Nous n'avions pas la bonne candidate mais nous "choisi" (entre parenthèses car largement influencés par les sondages) la candidate que nous méritions. Le PS a fui, sous la houlette de François Hollande, toute analyse critique depuis une décennie. Dans cet ordre d'idée, les faits les plus marquants sont la défaite de Jospin et le "non" au TCE. Et la "synthèse" du Mans fut une mascarade : les convictions de Fabius et de DSK sont inconciliables, mais il fallait se rassembler en vue des présidentielles. Même si Hollande a largement sa part dans cette défaite, le refus du débat d'idées ne date pas d'hier. Du temps de Mitterrand déjà. Le désastre de sa politique internationale et le silence qui l'a entouré ont occulté la personnalisation outrancière de ses mandats. Tant et si bien que nous sommes rentrés dans l'ère populiste sans y prendre garde. Il était finalemnt dans l'ordre des choses que nous nous choisisions la candidate de l'illusion. Au détriment des idées. Le PS a un avenir sombre. Et sa défaite aux dernières présidentielles est majeure.


Un avenir bien sombre? par jean-yves le Lundi 04/06/2007 à 16:43

Je ne crois pas au hasard.

Le nationalisme russe est le produit entre autres d'un éffondrement idéologique, du constat (justifié) qu'a fait la société russe du dépeçage de l'économie russe aux bénéfices de quelques oligarques (soutenu par des fonds américains, désintéressés?), de la montée de l'insécurité (mafia, rascisme, précarité,...).

Le constat est grave et le parallèle, à moindre échelle, avec ce qui se passe dans l'ensemble des pays du monde suscite des réponses politiques (et pas seulement économiques).

Les analyses économiques ne me conviennent pas.  

En effet plus le temps passe, plus il me semble que "nos politiques" préconisent des ajustements à minima face à des ajustements structurels de nos économies sans capacités des citoyens à comprendre et anticiper les conséquences de ces choix. C'est très vrai en Europe, ça l'est davantage en Afrique et dans la plupart des pays sous développés.

Le pouvoir change de mains sous nos yeux (médias, justice, organisation économique, milices,.....), et nous transformons malgré nous la société en état régalien, en dictature.

Pour répondre à Fortino:

La défaite du 6 mai, c'est celle d'une candidate accompagné de son parti en campagne depuis 6 mois, face à un candidat armé de son parti en campagne depuis 5 ou 6 ans.

=> Non, le PS se devait de soutenir un programme commun (la gauche n'a pas à chercher l'homme ou la femme providentiel(le)). La droite peut soutenir une icône si ça lui chante. Jospin n'a(vait) pas de charisme, il avait un programme et l'adhésion des militants.

Concernant le tournant (discours sécuritaire, inversion du calendrier électoral):

=> Notamment mais c'est surtout (à mon avis) l'absence d'alternative économique. Disons le clairement je pense que le choix d'inversion du calendrier correspond à un non-dit: - la politique économique prônée par l'Europe ne permet plus d'alternative (à grande échelle, significative). Le vote présidentiel se concentre donc sur la capacité à faire accepter par les citoyens cet état de fait (de ce point de vu la posture sécuritaire est très utile car elle joue le rôle de contre feux symbolique en même temps qu'elle accentue le rôle régalien de l'état) d'une part et à récolter les subsides économiques issues du choix du président lors des legislatives (le parlement devient insignifiant politiquement autant que peut l'être le sénat: quel citoyen connaît son parlementaire et ses décisions?). 
=> les réformes institutionnelles sont essentielles mais l'absence de confiance de nos concitoyens dans ceux qui sont censés les représenter est tout aussi grave. Triste génération que la mienne. Heureusement j'ai Martin Hirsch et B. Kouchner (je rigole)

Concernant les Européennes (ou les régionales) que l'on présente comme une victoire.

=> Je ne suis pas d'accord, le taux d'abstention aux Européennes était énorme, c'est donc le taux d'abstention qui a gagné. Ensuite sur les régionales qui ont été habilement présentées comme un contre poids politique significatif face au gouvernement: Foutaise! A posteriori nos concitoyens sont très critiques de ces multiples échelons inéfficaces et incompréhensibles (département, municipalité, communauté d'agglo, régions,...........). Sur ces points la gauche doit trouver des réponses mais le peu t'elle (je ne crois pas, c'est son fond de commerce). 

Un "Non" à gauche

=> Je suis d'accord (et nous le savions), ce n'est qu'après ces élections que l'on pourra construire quelque chose (quelque soit sa forme).

Consultation massive des militants et des sympathisants.

=> Elle apparaît à posteriori comme une façon de discréditer "notre programme commun", rien de plus.

=> L'absence de dynamique aux législatives prouve qu'il n'y a pas d'engouement pour ces consultations une fois passé l'élection présidentielle. Pas de renouveau politique donc. Je pense que l'envie reviendra (de manière durable) si le projet est consistant et si il rassemble de manière large les aspirations de ceux qui veulent mettre l'humain avant la finance.

Amitiés socialistes,

jean-yves


Gauche de progrès=droite de régression? par Etat Providence Participatif le Dimanche 10/06/2007 à 13:09

Gauche de progrès. C'est un terme malheureux et qui n'a pas beaucoup de sens en France où nous ne sommes pas présence d'un parti de droite qui se définirait comme conservateur voir régressiste comme le suggère en miroir progressiste.
Cherchez encore. Vous êtes un libéral au sens philosophique (je l'ai vu sous votre plume). Alors pourquoi ne pas aller un peu plus loin. Pourquoi pas libéral de gauche? Ou de gauche libérale? Pourquoi ne pas rénover le libéralisme et ne pas laisser le terrain au néolibéralisme?
Amitiés de gauche libérale.
 


Oui et Non par Erasme de Metz le Mercredi 13/06/2007 à 15:17

Je partage assez largement l'analyse de ce texte à un bémol: l'extrème personnalisation de l'explication sur Ségolène Royal. Ségolène Royal a ses défauts et ses qualités, elle a eu ses succès et ses erreurs, on pourra y revenir.
Je retiens seulement qu'elle incarne très exactement l'état de la gauche et du PS dans toute l'incertitude qui les caractérisent. Les hésitations, les thèmes tout ce qu'elle a porté reflète l'indécisions de la gauche. On peut lui reprocher de ne pas avoir plus tranché, choisi, imposé, mais nombreux étaient ceux qui ne lui reconnaissait pas cette légitimité malgré le
vote des militants.
Souvenons nous aussi l'accueil "frais" reçu par le projet socialiste .. de la part des socialistes eux même .... on peut penser que le vers était dans le fruit dès ce moment.
Comme sympatisant, puis adhérant et même, maintenant, militant de gauche (enfin je crois :-), je ne souhaite pas me cacher derrière une personne. Remplaçons Ségolène Royal par gauche, dans son ensemble, dans sa pluralité, et cet article sera encore plus pertinent. Utiliser Ségolène Royal comme bouc émissaire permettrait trop de s'exonérer de remises en causes (et j'en vois qui sont prèt à sauter sur l'occasion)


rechercher une 3ème voie différente par Pascal le Mardi 19/06/2007 à 21:33

Je précise que je ne suis membre d'auncun parti politique.

Il y a quelques années, on nous avait monté en épingle dans les médias l'existence d'une 3 ème voie possible à gauche qui ne serait ni celle du PS, ni celle du PCF. Les exemples de Blair et Schröder étaient là pour montrer la vitalité possible de cette orientation. Ces 2 dirigeants européens ont depuis perdu leur électorat et les élections.

C'est pourtant vers cette 3ème voie que DSK, Ségolène Royal et une majorité de membres du PS ont voulu mener la gauche. Il est vrai que les résultats électoraux de Bayrou semblent leur donner raison. Et pourtant comme l'a montré une récente étude BVA, si Ségolène Royal a perdu les élections, c'est parce qu'elle a perdu une partie de l'électorat populaire à gauche qui s'est réfugié dans le vote Sarkozy en désespoir de projet réellement porteur de changement à gauche. C'est à gauche que s'est perdu l'élection et non au centre.

La gauche est à reconstruire. Elle ne se reconstruira qu'avec un véritable projet de société qui assure à ses électeurs une véritable transformation sociale et des progrès économiques et sociétaux.

Il s'agit bien d'inventer une 3ème voie. Mais différente de la voie sociale-libérale.

Le PS s'est depuis des années transformé en machine électorale sans projet politique autre que celui de gagner des élections. Ce sont les évolutions des sondages qui ont fait la politique du PS. Mais les sondages sont volatils tandis qu'un projet doit s'inscrire dans la cohérence et la durée. C'est dans cette évolution que le PS est devenu un parti qui n'a plus la volonté d'affronter le Medef, les milieux d'affaires. Il est convaincu comme l'a montré sa position au moment du référendum que le marché doit être libre et sans entraves.

L'autre côté de la gauche est représenté par des partis qui, pour certains, ne veulent pas participer à quelque pouvoir que ce soit (LO-LCR), et tous refusent l'existence d'un marché (LO-LCR-PCF). C'est une voie stérile.

Entre les 2 côtés de la gauche, je considère qu'il y a un vide. Il manque une gauche qui sache reconnaître qu'il est nécessaire d'avoir un marché relativement libre pour favoriser la prise de risque, l'innovation, le progrès technique, le choix du consommateur mais qui n'accepte pas de laisser la liberté pleine et entière à ce marché.

En clair et pour faire un raccourci sans doute trop étroit, il s'agit d'inventer une économie de marché où le marché est sous la maîtrise démocratique de la nation. Ni le PS, ni le PCF quoi qu'ils puissent dire ne proposent ce projet de société.  C'est cela la 3ème voie qu'il serait nécessaire d'inventer.

Pourquoi cette 3ème voie n'émerge pas ? Ce qui me frappe, c'est que dans les positions d'un certain nombre d'économistes, le projet exite. Lire Stieglitz, Généreux, Harribey ou Gadrey d'Attac, Le Duigou de la CGT et on s'aperçoit que les fondements d'un projet de société existent mais pourquoi ne trouvent-ils pas de débouché politique, ni de parti politique pour porter ces idées ?

Peut-on transformer la gauche à l'intérieur des appareils existants (PS-PCF) pour y arriver ? Je ne le pense pas. Ils sont sclérosés par des appareils qui ne peuvent penser une transformation profonde de leurs conceptions politiques. Si c'était possible, cela serait arrivé depuis au moins une dizaine d'années.

C'est pourquoi, je partage l'opinion de Jacques Généreux sur la nécessité de créer un nouveau parti.


Refonder la gauche, refonder la démocratie par david le Lundi 25/06/2007 à 16:27

Cette défaite dans les urnes a été précédée d'une défaite des idées : une gauche moderne, ce n'est ni le centre, ni la gauche d'hier ou d'avant-hier. La gauche moderne doit s'inspirer des acquis de l'histoire de la gauche dans sa diversité (de Karl Marx à Jean Jaurès, de Rosa Luxemburg à Marceau Pivert...), et aussi et surtout s'inspirer des mouvements sociaux actuels dans le monde. Refonder la gauche c'est aussi s'affranchir des logiques d'appareil.

Enfin, il faudra aussi refonder la démocratie elle-même. Les institutions actuelles ne sont pas démocratiques, et favorisent le populisme. Un 6e République plus démocratique doit être à l'ordre du jour.


télévangéliste par Lesueur le Mercredi 18/07/2007 à 14:59

Une télévangéliste, Ségolène Royal. Vous êtes un grand malade monsieur. Pesez bien les mots que vous usez avant de nous les infliger. Vous faites de la candidate désignée par des socialistes responsables une Isabelle Péron. Rejoignez le camp d'en face, vous en verrez un télévangéliste.


merci monsieur Généreux par Pat Buchanan le Jeudi 19/07/2007 à 15:24

 


Re: merci monsieur Généreux par Saint louis le Jeudi 19/07/2007 à 15:47

Vous avez recémment qualifié Ségolène Royal de "télévangéliste mystique"!
Cette expression si étrange dans la forme et si décalée avec une présumée rigueur intellectuelle prétée à son auteur m'a laissé bien songeur.
Le vocabulaire utilisée pour caractériser la conquête du pouvoir emprunte essentiellement à des images religieusio-guerrières:"le chef montre la voie", "il a fendu l'armure" "il s'est transcendé""il reprend le flambeau" etc etc..Bien entendu, tout cela ne relève pas du mystique quand cette conquête du pouvoir est menée par ..un homme!Par contre, une femme ayant de fortes chances de l'emporter est suspecte-elle est "mystique", le terme "télévangeliste" voulant peut être qualifier le ton de ces interventions télévisuelles.
Je pense qu'il est facile de concentrer les feux sur la personnalité lde Ségolène Royal orsque l'on réclamede façon incantatoire la refondation de la gauche depuis des années mais sans apporter aucune mesure économique emblématique, ( c'est pas un peu votre job?les 35 h et le smic à 1500 euros, c'est tout que vous avez dans votre carquois?) qui revitalise le débat gauche -droite, mesure phare appréhendable par tous les citoyens.
Le directeur de Sciences-Po propose ax futurs élèves un stage en banlieux.Il faudrait étendre cette mesure à leur enseignant d'économie politique.

 


Re: merci monsieur Généreux par alia le Mardi 21/08/2007 à 19:04

Lisez un peu Saint Louis les récits de la campagne faits par des témoins, relisez les journaux et les déclarations. Monsieur Généreux est bien modéré face à la réalité : cette candidate se sentait inspirée et choisie par Dieu et se prenait pour Jeanne d'Arc, slogans pétainiste en prime. Alors qu'elle retourne mettre des cierges à Marseille et laisse les électeurs de gauche en paix !


Une seule erreur : Un manque de programme! par Thomas Niklos le Mercredi 22/08/2007 à 16:38

Trés interessant cet article, une bonne analyse de la defaite..... mais il oublie un point essentiel: Toute la Campagne manquait d'un programme claire et defenie, un programme qui ne enonce pas que quelque mesures, mais qui a un vrai fond politique ! Et qui propose une alternative claire a la politique de droite!
Il y a des valeurs a gauche comme a droite, sauf la droite ose plus ouvertement insister sur ces valeurs.
On parle de thriomphe du capitalisme, que de politique economique, et on oublie qu'il est plus dure de juger notre temps maitenant que de juger le passé. Juste un exemple: demande a un allemand de l'est ce qu'il regrette : il vous repondra le systéme social ! Je pense aussi il faut sortir de ce clivage gauche-droite stupide (et qui est encore plus feroce al'interieur des parties que a l'exterieur) ...ne pas se contruire un programme negative - la droite fait ça, donc notre programme sera d'étre contre.... mais de construire un vrai programme positif: Nous voyons la société future de cette maniére donc nous voulons la construire et voici notre programme ! Bien sur ne pas sortir de réalité, mais inclure la realité dans la vision du futur! Et accepter un certain pragmatisme, on ne peut pas changer tout en cent jours, mais on peut construire a long terme, remettre en cause ses propres idées si ils se sont avérée infaisable, et oubliér un peu de travailler que pour la prochaine élection.....


Re: Une seule erreur : Un manque de programme! par Titiflo le Dimanche 16/09/2007 à 15:53

Le bilan de Nicolas Sarkozy point par point traité sur notre blog!! Venez réagir!!!

Si l'actualité vous intéresse, venez nous rendre visite, nous la traitons en direct sur http://titiflo77.zeblog.com


l'union des forces de gauche pour quel projet? par EOUZAN le Mercredi 17/10/2007 à 15:00

Il n'y aura pas d'autres alternatives que dans une union de toutes les forces de gauche, reprenant le programme du Conseil National de la Résistance sur le plan social et économique, défendant notre modèle social et notre économie au travers la création d'une véritable europe confédérale. On compte sur vous pour nous éclairer sur les conséquences du futur mini traité.


Re: l'union des forces de gauche pour quel projet? par jean-yves le Vendredi 19/10/2007 à 12:07

Je me résigne à partager l'avis précédent.

Le Dollar est une arme de guerre, nous le savions.

Dans la configuration actuelle, un Euro sans contrôle démocratique, notre espace (Européen) joue le rôle de bras armé de l'économie américaine - c'est le rôle du Néolibéralisme (masque les failles du capitalisme: son fonctionnement anti-démocratique lorsqu'il arrive en bout de course: voir Robinson, Boyer).

Je rajoute qu'il est nécessaire de refuser notre participation à l'OTAN (pour ça s'appuyer sur les militaires eux mêmes).

Le rapporchement entre Russie et  Iran montre que entre 2 fous (Poutine, Bush) le pire est celui qui se trouve au centre de l'échiquier: Sarko 1er.

A mon sens, dans la configuration actuelle, le projet politique doit prendre en compte (dans le désordre):
- Constitution de l'An 1 (celle des Montagnards)
- Les analyses des 2 guerres mondiales (économique: Keynes, historique, militaires,.....)
- Le rôle des "experts" qu'il faut retourner à notre "avantage" (Rapport du GIEC, de l'ONU, .....), des religions, des privilèges.
- recréer une dynamique "internationale socialiste"

Alter Socialiste Montagnard (Arrières Grand parents nés à Saint Gaudens) Athée et pour 50% "juif" (une partie de ma famille fut déportée)

Amitiés,
jean-yves



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