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Le MES n'est pas un mécanisme de solidarité européen

Tribune que j'ai co-signé. Le Monde .fr

Par Jacques Généreux • Débat européen • Vendredi 02/03/2012 • 20 commentaires • Version imprimable

Le MES n'est pas un mécanisme de solidarité européen

Point de vue | LEMONDE.FR | 01.03.12 | 09h20

par Claude Debons, Jacques Généreux, Janette Habel, Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa, Marie-Christine Vergiat et Francis Wurtz

Dans un point de vue publié dans Le Monde du 25 février ("Mécanisme européen de stabilité : la bourde historique de la gauche"), des députés européens écologistes et des économistes proches d'eux s'en prennent à ceux qui, à gauche, se sont opposés au Mécanisme européen de stabilité (MES). Passons sur l'outrance rhétorique qui consiste à comparer cette opposition à celle des députés de droite sur la loi Veil instaurant le droit à l'avortement et venons-en au fait. Le MES serait "un premier pas vers une Europe fédérale avec son propre Trésor public et un budget conséquent". Au-delà du fait qu'il faudrait discuter précisément des fondements d'une telle Europe fédérale, s'il s'agissait d'"un fonds solidaire", comme ils l'affirment, s'opposer au MES serait effectivement "une bourde historique". Hélas, comme lors du débat sur le Traité constitutionnel européen (TCE), nos amis prennent leurs désirs pour la réalité.

Un Trésor public européen aurait pour objectif de financer des politiques publiques européennes. Rien de tel dans ce qui nous est présenté. Le MES n'a pas vocation à conduire des politiques publiques d'investissement au niveau européen, ce qui pourtant serait bien utile, ni même d'aider à la convergence des trajectoires économiques et sociales des Etats membres. Et surtout, loin de permettre à l'Union européenne de s'émanciper de la toute puissance des marchés financiers, il en consacre la domination. Il vise simplement à prêter des fonds aux Etats qui auront du mal à emprunter directement sur les marchés financiers. Comment cela se passera-t-il ? D'abord, les Etats emprunteront sur les marchés financiers pour constituer le capital du MES, plusieurs centaines de milliards d'euros. L'Allemagne empruntera à un peu moins de 3 %, la France à un peu plus, et les autres pays à beaucoup plus. Premier résultat donc, la dette publique va s'accroître.

Mais il est fort probable que ces sommes risquent d'être insuffisantes en cas d'aggravation de la crise. Si le MES devait "secourir", outre la Grèce, l'Irlande et le Portugal, mais aussi l'Espagne et l'Italie – des pays aujourd'hui sur la sellette, mais appelés eux aussi à répondre aux appels de fonds du MES –, il serait vite dépassé. D'où le fait que le MES soit autorisé à emprunter sur les marchés financiers avec pour objectif d'arriver par "effet levier" à emprunter trois à quatre fois son capital. Mais pour le faire à un taux faible, il faut qu'il soit bien noté par les agences de notation. Or, tous les pays sont plus ou moins soumis à la défiance des marchés. Le risque est donc grand que le MES subisse aussi cette défiance. Cela a d'ailleurs été le cas du Fonds européen de stabilité financière (FESF) qui a perdu son triple A suite à la dégradation de la plupart des pays européens. Comment donc "des pays ayant perdu toute crédibilité auprès des marchés internationaux", comme l'affirment nos auteurs, peuvent-ils en se coalisant retrouver cette crédibilité ? De plus, comment le MES remboursera-t-il sa dette si les pays contributeurs, qui seront aussi ses débiteurs, sont en difficulté et si les taux grimpent ?

 

Loin de sortir les Etats et la zone euro de l'emprise des marchés financiers, le MES la renforce encore. Les banques, qui peuvent emprunter à 1 % auprès de la Banque centrale européenne (BCE), prêteront au MES à un taux nettement supérieur. Le MES prêtera aux Etats à un taux encore supérieur et ces fonds serviront à payer la charge de la dette qui entrera dans les coffres des banques. C'est la solidarité version néolibérale, les banques solidaires avec elles-mêmes.

Mais ce n'est pas tout, car ces "aides" aux Etats se font "sous une stricte conditionnalité" qui sera définie par la Commission européenne, la BCE et le Fonds monétaire international (FMI). C'est cette troïka qui est en train de mettre le peuple grec à genoux à force de réductions de salaires, de privatisations, de remise en cause des droits des salarié-es. Pour avoir accès au MES, il faudra en passer sous les fourches caudines de l'austérité drastique. Nos auteurs sont bien conscients du problème et affirment qu'ils sont "pour une conditionnalité, mais pas celle imposée à la Grèce". Mais ce ne sont pas eux qui définiront cette conditionnalité, mais la troïka dont on sait quelle conception elle en a.

Cerise sur le gâteau, l'octroi d'une aide financière sera, à partir du 1er mars 2013, conditionnée par la ratification du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l'Union (TSCG). Or ce traité, comme le note la Confédération européenne des syndicats – qui avait pourtant soutenu vigoureusement tous les traités antérieurs – "ne fait que stipuler la même chose : l'austérité et la discipline budgétaire". Nos auteurs indiquent que ce couplage entre le MES et le TSCG n'a pas de valeur légale. Mais le problème n'est pas juridique mais politique. En adoptant le MES, les Etats s'engagent politiquement à adopter le TSCG.

Bref, loin d'être un mécanisme de solidarité européen, le MES va être une camisole de force pour soumettre les peuples aux exigences des marchés et le S de MES risque fort d'être celui de servitude. La crise actuelle de l'UE et de la zone euro est la résultante de l'application des traités européens antérieurs marqués du sceau du néolibéralisme. La sortie de crise implique un changement de logique. Les députés écologistes et les économistes qui leur sont proches ont de la constance à défaut de cohérence. Ils avaient soutenu le TCE qui empêchait la BCE d'être un prêteur en dernier ressort pour les Etats et ils soutiennent le MES qui ne pourra pas emprunter à la BCE et qui a été inventé pour éviter d'avoir à modifier le statut de la BCE.

Il existe pourtant une autre solution pour sortir de l'emprise des marchés : que la BCE finance, sous contrôle démocratique européen, les déficits publics des Etats. Cela est d'ailleurs possible dès aujourd'hui car l'alinéa 2 de l'article 123 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne autorise la BCE et les banques centrales nationales à prêter aux établissements publics de crédit qui pourraient donc par là-même financer les déficits publics. Sortir la dette publique de la mainmise des marchés est la condition de toute politique progressiste.


Claude Debons, syndicaliste, Jacques Généreux, économiste, Janette Habel, universitaire, Jean-Marie Harribey, économiste, Pierre Khalfa, syndicaliste, Marie-Christine Vergiat, députée européenne, et Francis Wurtz, député européen honoraire, soutiennent la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle.

Commentaires

MESENFIN! par Pannier Annie le Samedi 03/03/2012 à 22:22

M. E. S. F.  =  Mécanisme d'Eradication Social Fourbe !!!

Q'on fait les députés PS au parlement français (le 21/02), qu'on fait les députés Sociaux démocrates au parlement européen avant hier  =

Ils ont Mangé (dans la main) d'une Europe Soutien de la Finance.
Voici quelques mots d'ordre à reprendre durant la manifestation du 18 Mars à Paris.

Plus sérieusement il n'est pas utile de sortir d'une grande école pour comprendre ce que sont ces traités pour les peuples d'europe. Un coup de poignard dans le dos.
Donc je répète comme je l'ai crié à la fin du meeting du 8 février à Montpellier  "le M. E. S. et autres traités européens sont des armes de la guerre sociale qui se mène contre les peuples d'europe" n'en déplaise à JLM, et donc il faudra les TUER DANS L'OEUF.
Dissolution du MES installée au Luxembourg.

Petit erratum, souhaite retrouver mon CQFD du mois de décembre 2011 (prété au meeting du 8/02) qui parlait déjà  du MES et très bien. Comme quoi le FG aurait pu en parler avant !!!! Gain de temps pour la sensibilisation et la mobilisation.  Camaradement vôtre...
 


Passages médias par Stephane Jean le Samedi 10/03/2012 à 17:04

Bonjour Mr Généreux,

C'est, je pense, la première fois que je poste un commentaire sur votre blog. J'apprécie beaucoup vos analyses et vos livres.
Et oui encore une fois vous visez juste : Le MES n'est en rien un mécanisme de solidarité. Nous sommes nombreux au Front de Gauche à être frustrés de ne plus vous voir invité à la télévision ou la radio pour y distiller vos analyse d'économiste de gauche. Vos passages à l'automne dernier ont été très remarqués, et à chaque fois votre sens de la pédagogie faisait mouche et vous faisiez gagner de nombreux points au Front de Gauche, nous sommes tant à le penser. Mr Généreux, nous avons besoin de votre présence dans les émissions à grande audience dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle et législative !

Bien à vous, et merci pour votre grande contribution à notre noble cause ; en particulier votre livre "Nous on peut !" est un réservoir d'arguments sans cesse utilisé par tous les sympathisants du FdG.

Stéphane Jean


Où êtes-vous? par Cécile le Samedi 10/03/2012 à 17:43

Je m'associe au commentateur précédent pour vous dire que votre présence dans les médias nous manque au moment où beaucoup nous disent: "vos idées sont généreuses sur le plan humain, mais irréalisables au niveau économique". J'ai beau tenter de les renvoyer à la lecture de "Nous, on peut", je ne me fais pas beaucoup d'illusions sur le nombre de personnes qui se lanceront effectivement dans cette lecture. Et puis j'en profite aussi pour vous remercier de tout coeur pour votre travail; c'est en partie grâce à vos vidéos que j'ai été convaincue qu'un autre monde était possible (et qu'il était même déjà là) et que je me suis lancée modestement dans le militantisme pour la première fois de ma vie. Donc, encore une fois, merci, et nous espérons vous voir prochainement sur un écran ou vous entendre sur les ondes relever un peu le niveau, qui en a grand besoin...
Amitiés néo-militantes.


Re: Où êtes-vous? par S. Draussin le Dimanche 11/03/2012 à 11:29

   Merci et bravo pour votre travail si éclairant et salutaire.
 J'espère que vous pourrez continuer à intervenir et soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon pendant ces dernières semaines si cruciales. Votre discours est capital face aux milliers de mensonges pseudo-économiques assénés sur les ondes et dans les pages de la plupart de nos médias.
 J'espère que notre Front de Gauche pense bien à vous donner toutes les occasions de présenter au grand public l'alternative historique que ce rassemblement politique du FdG et vos propositions sont bien les seuls à offrir.
Veuillez accepter toute mon estime,


Vivement par Berrabah le Samedi 10/03/2012 à 17:52

 Je dirais comme tous les commentaires précédents, que nous aimerions enfin vous voir vous exprimer sur les médias, car comme tous les membres du Front de Gauche que nous apprécions pour leurs qualités humaines nous avons hâte que toute la France vous connaisse enfin.
Merci à vous tous pour le travail formidable que vous faîtes.
Fraternellement,
Messaoud


J. Généreux absent des médias par Nuno le Dimanche 11/03/2012 à 02:11

 Je pense que face aux chiens de garde du système dont font partie nombres d'économomistes, un article du monde diplo révèle l'empleur des conflits d'intérêts qui traverse ce monde, vous êtes un de ceux avec JLM qui êtes le plus à même au sein du FDG de porter la contradiction à ces belles personnes de la classe dominante. Aussi est il triste que votre talent ne soit pas plus utilisé pour faire gagner notre camp.


Argentine et Islande par CHAPUIS le Dimanche 11/03/2012 à 10:56

Bonjour Monsieur Généreux,
Je suis complètement "fan" de vos idées et surtout de la pédagogie tellement claire avec laquelle vous nous les faites partager. 
Je ne comprends pas pourquoi le front de gauche, dans les médias, ne s'appuie pas davantage sur des exemples concrets d'alternatives économiques comme par exemple L'Argentine ou l'Islande.
Merci encore pour toutes les actions politiques que vous menez avec Monsieur Mélenchon, pour redonner à la gauche, sa vraie place ainsi que tout l'espoir qu'elle porte avec elle.
Cordialement.
Cécile


Faire de l'effondrement un argument électoral par JT le Jeudi 15/03/2012 à 22:26

Bonjour,

je vous ai déjà contacté (ainsi que le Front de Gauche) à plusieurs reprises pour vous suggérer de faire campagne sur l'effondrement probable de la zone euro, que vous évoquez dans cet article. Il est en effet inévitable que l'Espagne entre dans la zone des tempêtes en raison de son taux de chômage record (près de 25%), des régions en faillite, de l'éclatement de la bulle immobilière (et de l'insolvabilité bancaire qui en découle), et enfin du plan d'austérité qui en train de tuer tous les espoirs de croissance. Lorsque l'Espagne vivra ce que la Grèce a dû subir, le défaut de paiement ne sera plus très loin. Or l'Espagne est beaucoup trop grosse pour être secourue et son effondrement (la même chose est valable pour l'Italie) aurait des conséquences cataclysmiques pour l'Europe et la France : faillites bancaires (les banques françaises étant très exposées à la dette espagnole), chômage de masse, faillites d'entreprises en cascade, non-paiement des fonctionnaires, suppression des prestations sociales (chômage, allocations)... La crise dépasserait alors en intensité celle 1929.
Je trouve que M. Mélenchon et vous-même êtes de formidables orateurs ; je reconnais volontiers que vous expliquez parfaitement comment l'austérité engendrera plus de récession, ce qui réclamera en retour plus d'austérité, jusqu'au défaut de paiement final (comme nous l'avons observé en Grèce). Mais il est désormais temps de dire clairement aux français quelles seront les conséquences du défaut de paiement d'une grande économie européenne.
En disant clairement les choses sur la crise européenne (qui selon moi devrait être au centre de la campagne), vous pourriez continuer votre formidable percée.
Pour terminer, je vous suggère à nouveau d'utiliser dans la campagne l'information incroyable que j'ai trouvée il y a quelques mois : le rapatriement en France des actifs toxiques de la Société générale, d'une valeur de 35 milliards d'euros, qui seront purgés par l'état français grâce à des déductions d'impôt. Il y a là de quoi détruire les arguments de la droite qui s'insurge dès que l'on parle de dépense publique.


Re: Faire de l'effondrement un argument électoral par ekonomit le Mardi 27/03/2012 à 19:13

J’aime bien Jacques Généreux. D’abord, il fut mon professeur - à une époque où il enseignait une économie fort différente de celle qu’il enseigne aujourd’hui, j’y reviendrai - et il faut dire qu’il est un excellent pédagogue. J’ai commencé l’économie avec lui et avec ses bouquins, avant de passer à d’autres lectures plus spécialisées et moins accessibles. J’ai donc conservé pour lui une certaine tendresse, celle qu’on a toujours pour les professeurs qui vous ont ouvert les yeux.

 

Mais ça, c’était avant qu’il devienne un politicien. Depuis, il tient un discours que je peine à reconnaître. Pire : il laisse dire en sa présence des choses qui en d’autres temps auraient valu à n’importe lequel de ses étudiants un zéro pointé et une recommandation amicale mais ferme d’étudier son cours. Mais tout cela vous semblera peut-être un peu abscons, alors plantons si vous le voulez, le décor. Le lieu, une brasserie dans une ville de province - le genre de ville de province de classe moyenne, universitaire et snob, possédant bien entendu sa faculté de droit et sciences économiques, l’horreur quoi. L’occasion, un "débat sur le programme économique du Front de Gauche" organisé en pratique par les militants du PG du coin, avec le soutien logistique du PCF.

 

D’abord, comme l’union est un combat, Généreux ne s’exprime pas seul. A ses côtés, un professeur d’économie affilié à la Gauche Unitaire, et un historien de l’économie membre de la commission économique du comité national du PCF. Ils auront chacun un quart d’heure pour s’exprimer, avant de laisser la parole à la vedette de la soirée. Et les interventions avaient de quoi effrayer le cartésien que je suis. Je n’ai jamais eu beaucoup d’estime pour le niveau de la réflexion de la GU, mais j’ai gardé le souvenir des travaux qui se faisaient - oh tempora, oh mores - dans le temps à la commission économique du comité central du PCF. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est plus ce que c’était. Je ne vais pas distinguer plus avant les interventions des uns et des autres, ce serait fastidieux et surtout inutile, parce qu’au fond aucun point de désaccord entre les trois orateurs n’est apparu.

 

Curieusement, étant donné le statut universitaire des intervenants, le premier attaque a été adressé à l’économie elle même en tant que discipline de la connaissance. Les "lois" de l’économie ? Une invention des méchants capitalistes pour brider l’imagination des politiques. Pour reprendre Généreux, les seules lois sont "celles faites par le parlement ou par un monarque" (1). Les instruments de l’économie ? Ils ont tout faux : le PIB, par exemple, ne mesure rien puisque si vous décidiez par exemple de réparer vous même votre voiture plutôt que de l’envoyer chez le garagiste, vous feriez par ce geste diminuer le PIB (2). D’ailleurs, on nous a expliqué fort doctement que l’économie, en tant que discipline à prétention scientifique, naît avec les prémisses du capitalisme - ce qui la rend très suspecte, bien entendu - sans réaliser que c’est en fait le cas de la plupart des autres disciplines scientifiques (3). Mais on voyait bien quel était l’objectif de cette diatribe anti-scientifique : il s’agissait de dévaloriser par avance tout argument économique sérieux montrant les faiblesses du programme du Front de Gauche. La conclusion qu’on voulait tirer, avec force exemples, est que "tout est possible à condition de le vouloir".

 

A partir de cette vision, Généreux a exposé la vision qu’il défend dans son livre "Nous on peut", et dont j’avais commenté les contradictions sur ce blog. Ainsi, par exemple, il y avait consensus des intervenants pour rejeter toute idée de sortie de l’Euro, et pour essayer de nous convaincre qu’on pouvait résoudre le problème de la dette publique sans y avoir recours. Il suffit, nous dit Généreux, que la BCE prête aux états à taux nul. Il ne vous échappera pas que cela nécessite une modification des traités européens... Pas de problème nous dit Généreux : si le Front de Gauche arrive au pouvoir, il posera à nos partenaires européens un ultimatum. Ou bien ils acceptent de modifier les statuts de la BCE, ou alors nous ferons cela nous même en modifiant les statuts de la Banque de France pour qu’elle prête à l’Etat à taux nul (4). Car, nous dit Généreux sous les applaudissements extatiques de la salle, "les traités ne sont pas faits pour être respectés, ils sont faits pour être signés et violés ensuite".

 

Admettons. Mais si la salle avait applaudi un peu moins et réfléchi un peu plus, elle se serait posée la question qui met par terre tout ce bel édifice. Et la question est la suivante : d’où sortira l’argent que la Banque de France prêtera à l’Etat ? Car pour que la Banque de France prête, il ne suffit pas de l’obliger, il faut aussi qu’elle ait de l’argent à prêter. Si la Banque centrale a la capacité d’être prêteur en dernier ressort - c’est à dire, avec une capacité de prêt théoriquement illimitée - c’est parce qu’elle peut battre monnaie. Mais justement les banques centrales des pays de la zone euro n’ont plus ce privilège. Pour pouvoir faire ce que Généreux - et donc le Front de Gauche - propose, il faudrait rétablir le droit de la Banque de France de battre monnaie. Mais quelle monnaie, justement ? Pas l’euro : autoriser la Banque de France a émettre des euros sans la permission de la BCE revient à légaliser le faux monnayage. Et si Généreux a raison de dire que l’Union Européenne ne va pas nous envoyer l’armée parce qu’on refuse d’appliquer les traités, l’UE dispose tout de même de puissants moyens de sanction si par hasard on s’amusait à émettre de la monnaie unique de manière indépendante. Les "faux euros" émis par la France ne seraient en tout cas certainement pas acceptés par le reste de l’Union. En les émettant, on serait de facto sorti de l’union monétaire, puisque ces "faux euros" (qu’on pourrait rebaptiser "francs", puisqu’on y est) constitueraient une monnaie nationale. Ce que propose Généreux ne peut fonctionner sans aboutir à une sortie de l’euro déguisée (5).

 

Reste à comprendre pourquoi Généreux continue à défendre une proposition dont il ne peut pas ignorer la faiblesse. Car je ne peux pas croire un instant que Généreux n’ait pas vu cette objection. Le fait qu’il n’y réponde pas me plonge dans un abîme de perplexité entre deux options : soit Généreux n’y croit pas lui même, et sa proposition de faire de la Banque de France un prêteur un dernier ressort n’est qu’un rideau de fumée, ou bien il propose en fait une sortie de l’euro déguisée pour ne pas effaroucher l’électorat europhile. Je penche plutôt pour la deuxième option, parce que le discours du Front de Gauche enfourche le discours europhile sur un autre domaine, qui est celui de la dévaluation : Le discours est schématiquement le suivant : la sortie de l’euro pourrait se justifier pour permettre la dévaluation. Mais la dévaluation compétitive est une arme de guerre contre nos partenaires commerciaux, et nous sommes contre la guerre, ergo, pouvoir dévaluer est inutile.

 

Ce qui est drôle dans ce raisonnement, c’est qu’il suppose donc que la parité entre les différentes monnaies retenue lors de la création de la monnaie unique non seulement est "juste", mais le restera pour les siècles de siècles. Car si elle n’était pas "juste", pourquoi toute retouche de cette parité serait un acte de guerre ? On peut se demander comment, après voir critiqué l’idée même de "loi" de l’économie, peut on trouver une "loi" qui nous dise quelle est la "vraie" parité, la parité "juste"...

 

En fait, la question de la dévaluation dépasse, et de beaucoup, la question de la "dévaluation compétitive". Il s’agit aujourd’hui moins de doper les exportations par une politique agressive de dévaluation, que de permettre aux parités monétaires de s’ajuster pour tenir compte des inflations sous-jacentes qui sont différentes dans les différents pays. L’ajustement des parités monétaires est le "stabilisateur automatique" qui permet à des économies aux productivités très différentes de coexister sans que les unes écrasent les autres et sans aboutir à une crise. Sans ce levier, le seul "ajustement" de la compétitivité possible est l’austérité et la déflation salariale. Avec la dévaluation, vous pouvez simultanément faire baisser les salaires et les prix exprimés en monnaie étrangère. Sans dévaluation, vous êtes obligé de baisser les salaires nominaux en priant que les prix suivent...ce qu’ils ne font qu’avec un retard tel que le système aboutit à la crise. C’est exactement ce qu’on est en train de voir en Grèce.

 

On ne peut que supputer pourquoi le Front de Gauche, qui est si "radical" dans certains domaines, épouse la position fédéraliste sur l’Europe. Ma théorie est que cela répond à la sociologie du Front de Gauche, fermement ancrée dans les classes moyennes, qui sont les grandes gagnantes de l’Euro et de la construction européenne. Il y a peut-être aussi un refus individuel, au niveau des dirigeants ex-socialistes du FdG d’admettre qu’ils se sont fait berner ou de rompre avec la doxa mitterrandienne...

 

Mais on n’a pas parlé que de politique monétaire.On a aussi dit beaucoup de bêtises sur les questions de politique économique. En particulier sur la relance par la création de nouvelles dépenses. La difficulté de financer la relance est balayée d’un revers de la main, grâce à une longue liste de milliards qu’on peut récupérer : dans les "niches" fiscales, dans la fraude fiscale, etc. Le seul problème est que cette "récupération" n’est que partielle : imaginons que la fraude fiscale fut réduite à zéro. Il est vrai que l’Etat récupérerait quelque 50 milliards qu’on pourrait dépenser. Mais ces cinquante milliards, aujourd’hui, sont dépensés... par les fraudeurs. En d’autres termes, mettre fin à la fraude fiscale permet de transférer une dépense, mais pas de créer une dépense nouvelle. Son effet de "relance" est donc très limité.

 

La deuxième difficulté, est celle d’articuler un véritable projet de relance. Une relance qui en plus doit être "non-productiviste", pour contenter la fibre écolo-bobo du public. La réponse, comme souvent dans les textes du Front de Gauche, est de fabriquer une formule creuse mais qui peut servir de réceptacle à tous les fantasmes. Dans le cas présent, c’est la "planification écologique". Par la magie de la planification écologique, non seulement on sort de la crise, mais on arrive au plein emploi. Seulement, la question évidente sur une telle dépense est son utilité. Car la relance par la dépense n’a de sens que si la dépense est consacrée à des investissements dont le produit paye le coût du programme. On peut toujours créer le plein emploi en payant la moitié de la population à creuser des trous et l’autre moitié à les combler. Les exemples donnés par les intervenants étaient de ce point de vue particulièrement inquiétants : il est certain que remplacer l’agriculture industrielle par une "agriculture paysanne" crééra un grand nombre d’emplois. Mais, sauf à admettre une hausse massive des produits agricoles, il faut se demander qui payera les salaires des employés supplémentaires...

 

Arrivé à ce stade, j’étais véritablement désespéré. Est-il possible qu’on soit encore là en matière de réflexion économique ? Une organisation qui risque de faire "un score à deux chiffres" peut-elle se contenter d’exposer à ses partisans une pensée aussi schématique ? Mais si je comptais sur les questions de l’auditoire pour me rémonter le moral, j’ai du rapidement déchanter. Pour résumer les interventions : il faut rendre obligatoire le logiciel libre dans les administrations, il faut s’opposer au gaz de schiste. Et je passe bien entendu sur les interventions enflamées - de la tribune et de la salle - sur les méchants "riches" qu’il faut mettre hors d’état de nuire, discours qui ne mangent pas de pain mais n’apportent pas non plus grande chose. Il faut dire que dans le public il n’y avait guère d’ouvriers et quelques rares employés...

 

Alors, Généreux ministre de l’Economie et des Finances ? Dieu nous en préserve ! Il ne reste qu’à espérer qu’une fois les élections passées, on songera a doter le Front de Gauche d’une véritable commission économique...

 

Descartes

Samedi 24 mars 2012


Re: Faire de l'effondrement un argument électoral par Denoun claude le Samedi 31/03/2012 à 17:27

Deux brèves remarques concernant votre long exposé

1-La BCE doit prêter directement aux états, cela laisse entendre que les états continuent à être en déficit donc faire leur budget par l'emprunt je ne vois nul part dans le débat politique poser la question des recettes de l'état, vous connaissez aussi bien que moi les causes de l'éffondrement des recettes de l'état.
 
Il est faux de dire que le retour à une agriculture "naturelle" provoquerais une hausse des prix des produits agricoles, ceci  pour plusieurs raisons.

les prix des produits agricoles issus de l'agriculture intensive sont faussés par, les subventions, les prix garanties, compte tenu de,l'endettement , du coût du matériel agricole, du prix des intrants(engrais ,pesticides et autre),en réalité ils sont plus élevés que les prix de l'agriculture"naturelle".


Re: Faire de l'effondrement un argument électoral par bobby le Jeudi 05/04/2012 à 18:32

 à ekonomit

en 1789 nos lointains anc^tres n'étaient pas bien vus en Europe , pourtant ils l'ont faite la révolution . 
Je ne sais pas dans quel monde vous vivez mais ou les solutions du Front de Gauche sont retenues ou du moins pèsent dans le débat ou nous allons vers des lendemains terribles .
8 millions de pauvres dans la cinquième puissance économique du monde cela interpelle , un pour cent des plus nantis qui profitent de la croissance et le reste qui crève ,vous appelez cela un pays bien géré , pour les milliardaires peut être mais pour les autres .
Je pense que vous sous estimez la rage qui monte dans le pays , le taux à deux chiffres du FG est un exutoire qu'il ne va pas falloir minimiser . 


Re: Faire de l'effondrement un argument électoral par Naco le Dimanche 15/04/2012 à 02:58

Décryptages et commentaires sur le roman de Mr eKornomit osant généreusement se surnommer Descartes en fin de prose.

Désolé pour l'aspect scolaire de mes remarques, mais je décortique ici paragraphe par paragraphe.

Votre propos étant un avant tout un collage bout à bout de propos très classiques comme j'ai l'intention de vous le démontrer, je pense que vous pourrez m'excuser de l'identité de la forme que j'appliquerais ici dans ma critique.

Vous démarrez votre discours avec un petit couplet affectif à propos de la personne de Jacques Généreux. Si vous aviez un peu de culture politique en ce qui concerne le front de gauche, vous n'auriez pas osé. Ce n'est pas parce que les gens qui ont la capacité de diffuser une parole marquante dans ce mouvement n'aiment pas les compliments, mais parce qu’ils évitent soigneusement la personnalisation et la mise en spectacle de leur caractère, ou de leur histoire personnelle.
Bien sûr, vos compliments s'effacent complètement puisqu'en début de propos, vous rappelez un temps immémorial ou votre professeur enseignait une "économie différente".
Preuve donc de plusieurs choses, sur lesquelles vous pourriez être explicite :
Que vos yeux aient changés, que vous n'aviez pas trop les moyens de comprendre ces choses à l'époque, ou que votre professeur n'est plus vraiment l'économiste dont vous rêvez aujourd'hui. Je vous donc laisse le soin de relire Freud pour comprendre l'analogie de cas dont vous pourriez faire l'objet.

Donc votre maître à accompli ce péché majeur, qui vous le rend méconnaissable, celui de faire de la politique. Mais quel étudiant étiez vous autrefois ? Avez vous passé tout ce temps à user vos fonds de culotte tout en ignorant que l'économie n'était pas une chose politique ? Votre diplôme final n'était t’il qu'un certificat de bonne conduite Bisounours ?
Un peu plus loin, vous décrivez avec amertume le lieu ou vous avez enfin l'occasion de revoir votre maître : Une ville de classe moyenne... snob. Mais que veniez vous faire dans cette galère? Si vous habitez au 15éme étage d'un HLM de banlieue, pourquoi n'avez-vous pas pensé à inviter Jacques Généreux, tout en réunissant les proches de votre classe non moyenne. Je pense qu'il se serait fait un plaisir.

Vous égrenez quelques petites remarques acerbes pour dire que les critiques économiques de la Gauche Unifiée, ce n'était pas ça. Et comme l'on vous comprend. Moi-même, dans les années 70, je distribuais dans mon lycée des journaux maoïstes. Et comme j'ai le défaut d'être un peu collectionneur, j'en avais gardé un, que j'ai relu en hurlant de rire il y a quelques semaines. Donc, vous constatez une perte de rationalité cartésienne dans les interventions des communistes par rapport à cette époque. Ah bon ? Mais n'aurait-il pas été convenable de dire 3 mots de cette analyse comparée ? Serais-ce votre latinisme ou votre passion pour Descartes qui vous en empêche ?

La critique de l'économie comme science séparée, et comme instrument de domination idéologique vous reste en travers de la gorge. Pourtant c'est un sujet presque qu'aussi vieux que la science économique. Et vous l'avez étudié en classe, si vous avez passé 3 minutes à étudier la théorie Marxiste (encore un peu au programme). En fait, la seule façon de vous sauver sur ce point, est un dangereux sophisme : "Comme beaucoup de sciences naissent avec le capitalisme, et qu'elle existent et qu'on en a besoin, l'économie qui en est une parmi tant d'autres existe donc". Sans vous posez la question bien sûr, de savoir si ces autres disciplines ne sont pas également des sciences séparées.
Dernier point de votre argumentaire, vous prétendez que ce rejet est un mode opératoire volontariste, donc confortable pour éviter la critique. Pas de chance cher eKonomit, car au moment ou la science séparée est identifiée comme système idéologique, elle reste infiniment critiquable. Ou dit autrement, il y a encore pas mal de boulot pour en finir avec elle.

Vous soulignez justement que le fait de vouloir imposer à la BCE de prêter aux états à un tau voisin de zéro, demande un consensus européen. Bien. Vous soulignez également que la Banque de France ne peut faire marcher la planche à billet, sans aller faire d’abord ses courses à la BCE. Ce n'est pas tout à fait exact, car la banque de France n'est pas exactement un espace tampon entre la BCE et les banques privées. Vous n'ignorez pas enfin que la dette est gérée par le Trésor, et que celle-ci est libre de proposer ou pas ses obligations sur le marché Financier.
Votre idée que la Banque de France puisse fabriquer des faux Euros est tout simplement absurde. D'une part parce qu'un Euro Français reste un Euro, donc strictement échangeable, donc non-suspect à une spéculation monétaire séparée, que le calcul des valeurs ponctuelles en transit (achat et vente) du Trésor sont des valeurs faibles en comparaison des masses monétaires engagées à l'échelle d'un état, et que vous ne tenez absolument pas compte des recettes de l'état, pouvant d'ailleurs provoquer des mouvements de trésorerie positifs. Vous ignorez enfin superbement l'essentiel du propos de Jacques Généreux, qui parle de cette mesure comme un détail accompagnant une politique anti-spéculative globale.
Vous terminez ce point en coulant une larmichette sur la terrible inflation qui serait induite comme élément positif du Front de Gauche. Puis un passage assez délirant où l'on voit que vous n'avez pas écouté très attentivement votre ancien professeur sur sa conception de la parité des monnaies. Je vous engage à ce propos à lire plus attentivement tout ce qui correspond aux thèmes du Dumping social, et de tyrannie du Dollar sur les marchés, et on en reparles.

Petite correction de bon sens également, puisque vous aimez Descartes :
Avec la dévaluation, on ne fait pas baisser les salaires. On donne simplement la possibilité à quelqu'un situé en dehors de nos frontières de pouvoir acheter des services plus facilement qu'avant.
Autre propos illogique dans votre exposé : Le fait de ne pas pouvoir faire de dévaluation n'implique aucunement le fait de devoir baisser les salaires. C'est le fait d'une pression extraordinaire des marchés financiers sur toute l'économie d'un état qui implique ces terribles dispositions sur les salaires, et qui fabriquent au final la dévalorisation des conditions d'existence des individus.

Vous trouvez des éléments fédéralistes dans le Programme du Front de Gauche. Vous avez raison.
Par contre, je ne crois pas qu'il s'agisse du même Fédéralisme que celui de Dame Merkel ou même d'un Dupond Aignand. Là ou le Front de Gauche est fédéraliste, c'est au sens de la coopération possible notamment dans le sens de cette planification écologique qui serait une absurdité en se limitant à la France, et pour la vision parfaitement humaniste d'une solidarité entre les peuples.

Autre erreur : La fraude fiscale. Pensez-vous que l'extrême majorités de tricheurs au Fisc s'appellent Durant ou Dupont et traficotent leur déclaration de ressources sur la table de cuisine entre le fromage et le dessert ? Ne savez-vous pas que 70% de la dette de l'état Français est détenue par des investisseurs étrangers ? Connaissez-vous le chiffre d'affaires des sociétés implantées à l’étranger et qui emploient des milliers de personne en France sans quasiment payer d'impôt ? Et pensez-vous sérieusement que ces gens qui spéculent et trichent sur nos ressources ne pensent sérieusement qu'à acheter Français ? Enfin, pensez-vous que l'accumulation par ces gens de biens fonciers énormes dans notre pays puisse servir notre économie?

Là où votre manque d'expertise atteint un sommet, c'est votre propos sur la planification écologique. En fait, si cette chose commence enfin à être remarquée donc critiquée dans les médias dominants, c'est pour ses difficultés d'application. Car il est certain qu'un grand effort National, même si l'histoire nous montre qu'il a toujours été payant, des plans Roosevelt à Marshall en passant par ceux (et oui...) de l'Union Soviétique, il demande certaines réflexions, et un accord unanime des citoyens.
Par contre, c'est la première fois que je vois posée la question brutale de son utilité.
Est-il utile de faire baisser notre consommation énergétique, d'arrêter de dilapider inutilement les ressources de la planète, de requalifier le travail des agriculteurs, etc.
Tout le monde répond oui, à gauche comme à droite. Sauf vous.
Vous imaginez une hausse massive des produits agricoles, comme seul moyen de développer une agriculture paysanne. Vous vous plantez. Les produits de qualité réservés pour l'instant à l'élite baisseront, tout simplement parce que les circuits de distribution seront raccourcis.
Par contre, la mal bouffe discount et le traficotage des aliments seront interdits, et sa production et sa diffusion vigoureusement condamnée.

Dernier point, petit compliment. Je vous admire car vous avez réussi à tenir jusqu'au bout de cette conférence qui vous a tant désespéré.
Une question me brûle quand même les lèvres : Vous qui êtes assez brillant pour avoir écrit un petit roman sur cet évènement, avez-vous pensé à tenter de débattre ou de poser quelques questions pour qualifier un peu ce moment dans lequel vous avez tant souffert ?
Je suis sûr que tout le monde aurait apprécié.


Re: Faire de l'effondrement un argument électoral par AVERTY (ça n'set pas une blague ni un pseudo) le Vendredi 27/04/2012 à 12:37

Bonjour Monsieur Descartes,

Le pseudo que vous vous êtes choisi est-il pour vous un alibi ou bien un moyen de rendre votre propos plus crédible parmi ceux  qu'une majorité de personnes dépose sur ce blog?

Vous deviez être certainement un excellent élève puisque vous vous posez des questions "mécaniques" certainement très pertinentes et que vous en faites "géreusement" (ça, c'est à moitié une blague) part à l'ensemble des pauvres ignorants que nous sommes. Merci pour vos alertes ! Je vous propose d'émigrer dans un pays moins dangereux...

Quand même, merci à Monsieur Généreux que je redécouvre. J'ai lu "Introduction à l'économie" il y a longtemps et je le relis actuellement, je ne connaissais pas votre engagement politique au FG et je rejoins les personnes qui souhaiteraient vous voir plus présent sur le plan médiatique. Mais je suppose que vous avez déja réfléchis à la question.

Merci.
A Averty


par le Mercredi 21/03/2012 à 22:20

Merci à vous,
Depuis que je lis vos livres j'ai l'impression d'y voir plus clair et l'économie ne me rebute plus. Vous me donnez envie de comprendre le fonctionnement de notre système et de militer.


De quoi est composée la dette ? par Lecaille le Mardi 27/03/2012 à 00:41

Bonjour,

J'ai lu plusieurs de vos livres : "Nous on peut", "La grande régression", "L'autre société", "Manuel critique du parfait européen". J'ai lu bien d'autres auteurs sur l'économie politiques et pourtant je me pose une question à laquelle je n'ai pas encore trouvé d'éléments de réponse.

La question est la suivante :

Dans la dette de la France, quelle est
- la part financée par des obligations (donc sans création de monnaie) et
- la part financée par des emprunts directement effectués auprès de banques privées (donc avec création de monnaie par le système de réserve fractionnaire) ?


Cordialement,
Jacques Lecaille


On veut des réponses par Michèle le Mercredi 28/03/2012 à 09:21

Bonjour,
J'ai assisté hier soir à Rennes à une présentation de JGénéreux sur le SMIC à 1700€ et la désobéissance au Traité européen.
Très pédagogique, très étayé. Enthousiasmant.
Aujourd'hui je découvre avec intérêt les commentaires critiques de Descartes mais regrette qu'il ne nous dise pas : "j'ai posé mes questions lors du débat, et voilà ce qu'on m'a répondu".
Alors je voudrais voir en ligne les réponses que JGénéreux apporte à ces questions.
Le FdG donne un espoir tellement fort qu'il inquiète ceux là même qui se prennent à espérer "et si ce n'était qu'illusion": merci de répondre pour défendre le sérieux des propositions économiques du FdG.
Michèle


Re: On veut des réponses par alankin le Dimanche 01/04/2012 à 12:17

z'avez écouté sur France inter jacques généreux (l'économiste du FDG)?
"on amortira la hausse du smic dans les TPE par la baisse de l'IS"...
réponse de robert rochefort (modem) --> 80% des TPE ne payent pas d'IS...
Euh.... réponds généreux....
dire qu'il se dit économiste et qu'il enseigne à sciences po...pauvres élèves, ils seront bien formés!
 


BCE, choc de croissance, transition écologique par dourgnon le Samedi 31/03/2012 à 11:29

Avec la BCE via la caisse des dépôts: financer l'avenir sans creuser la dette !!!

Le fait que la BCE puisse financer les Etats ( via les établissements publics de crédits, pourquoi pas la caisse des dépôts?) à taux faibles ou nuls est un levier puissant pour créer un choc de croissance.

Selon moi, il importe de consacrer cet possibilité pour moitié au désendettement et pour moitié au financement de la transition écologique.

 Il importe de dire  qu'en injectant 1000 milliards d'€  ( prêt perpetuel de la BCE à la caisse des depôts) en 20 ans sur la transition écologique ( isolement des bâtis, transition agricole, valorisation des eco-systèmes,...):

1- on créer entre 500 000 et 700 000 emplois non délocalisables et beaucoup d'emplois induits
2- on relance la croissance et pas n'importe laquelle, qualitativement excellente ( baisse de la dépendance au petrole, amélioration des conditions de vie, ...)


Seules deux conditions initiales sont à respecter: 

- brider le système financier ( séparation banque de  dépôt/investissement, passage obligée des transactions dans une chambre de compensation, etc) pour éviter un recyclage des revenus de ce plan dans l'économie financière.

- sans doute contrôler temporairement les prix dans le bâtiments, etc, cad les secteurs sollicités pour éviter la constitution d'une rente.

C'est à mon sens la seule voie raisonnable pour éviter à la france le scenario japonais de la decennie perdue.



Pacte de stabilité et privatisations par Amar le Mardi 17/04/2012 à 17:06

Je me pose la question : pourquoi dés le début de la crise n'a t-on pas remis en question le carcan du pacte de stabilité et désserer l'étau qui broyer les états en leur imposant des conditions impossible à tenir ? Et qui ne faisait que surrenchérir le coût du crédit !
 Et pourquoi continue-t-on à laisser les choses en l'état sachant les conséquences terribles pour les conditions d'emprunt pour les états comme l'Espagne ou l'Italie ? Craint--on une dévaluation de l'euro ?
A qui profite la situation actuelle ? Etats ou tiers ? Ne cherche t-on pas à déposséder les états de leur 
patrimoine économique par le biais des privatisations, comme ce fut le cas pour la Gréce avec 50 Mds € ?
En somme, et c'est ce qu'explique admirablement bien votre analyse du MES, n'est-ce pas vouloir profiter des circonstances pour créer une situation de fait et mettre en place une Autorité budgétaire fédérale sans aucune légitimité démocratique ?


copie lettre à JL Mélenchon par Günter Pommerencke le Lundi 23/04/2012 à 22:36

Cher Monsieur Mélenchon,


 

Je suis sincèrement désolé qu'après tous vos efforts presque sur-humains

le destin vous aie joué ce mauvais tour.

Mais, comme vous le savez, dans la adversité il faut toujours temporiser

pour attendre le prochain rayon de soleil.


 

Le FDG a quand même obtenu le vote de 5 millions de français et des succès

grandissant dans tous les meetings populaires, culminant à la Porte de Versailles avec 60.000 militants/sympathisants dans un cadre impressionnant

et historique.


 

Pour essayer de vous remonter votre moral et de nous aider à tous, je me permets de vous écrire ceci :


 

Moi, fils d'un résistant allemand et qui est mort comme tous les responsables de la République de Weimar dans les camps nazi,

j'ai reçu des doses massifs de politique, philosophie et d'histoire.


 

J'ai quitté l'Allemagne il y a presque 50 ans et j'ai trainé ma carcasse

partout en Europe et mon âme a été sauvé en arrivant à Paris par Sartre,

qui m'a enseigné comment vivre sans Dieu ni religion.


 

Je ne suis pas devenu un philosophe académique comme vous, mais

j'ai lu et étudié l'histoire de la philosophie et spécialement Kierkegaard,Husserl,Karl Jaspers,Heidegger,Hannah Ahrend et en France Gabriel Marcel,Jacques Maritain,Emmanuel Mounier, Merleau-Ponty, Jean-Paul Sartre avec l'aide de Simone de Beauvoir,qui avait relu et corrigé tous les textes philosophique de Sartre.


 

Comme vous le savez, ce groupe de 11 personnes de différents horizons

et origines se sont inspirées mutuellement pour finir, en quelque sort,

le travail de Héraclite et Parménide 500 ans AC :

quelle est la vérité d'existence en dehors de toute appartenance religieuse,

raciale,sociologique, politique et financière ?


 

Sur notre lit de mort nous allons nous poser tous la même question :

quelle à été la raison profonde de notre passage éphémère sur cette

minuscule planète Terre ?


 

Comme nous ne connaissons pas la réponse, nous disons donc

«  l'existence précède l'essence «  ou encore :

«  l'antagonisme entre l'être-en-soi et l'être-pour-soi crée un anéantissement

qui nous jette fatalement et définitivement dans un espace de

liberté totale »

Et pour le dire avec des mots simples :


 

Nous avons le choix entre nous tirer une balle dans la tête ou de

continuer à vivre.


 

Si, en toute liberté, nous décidons de vivre cette vie,

il serait donc très stupide de se plaindre, d'être mal, de souffrir ou

de faire pénitence.


 

Si nous prenons en toute liberté la décision de vivre notre vie,

il serait donc logique que cette vie là elle devrait être la plus dynamique,

la plus créative, la plus intéressante et la plus joyeuse !

Si non, la vie vie n'aurait aucun sens.


 

Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, nous sommes

devenus des radars vivants :

nous essayons de capter et comprendre tout ce que nous arrive de l'univers et aussi de la recherche fondamentale sur terre.

Un jour, quelque chose d'énorme nous arrivera peu-être pour

changer radicalement notre conscience, mais d'ici à là

non seulement nous devons survivre mais aussi vivre.

Donc : vive la vie !


 

Cette position purement ontologique n'est pas du tout une position

contre Karl Marx, elle est simplement complémentaire

à la dialectique matérielle marxiste :

Nous sommes bel et bien dans une lutte de classe et le rapport

entre le travail et le capital sera toujours un rapport de force !


 

Mais, quand on est blindé de l'intérieur par une autre philosophie

pour affirmer la vie elle même on est beaucoup plus fort pour

se défendre contre toutes les injustices sociales !


 

J'essaie actuellement de créer une sorte de PACS entre Marx et ce groupe de philosophes «  existentialistes « .


 

Vous pouvez me joindre par mail : les.existentialistes@orange.fr


 


 

Bon courage à vous et je suis sûr que les élections législatives

vous donneront la récompense que vous méritez.


 

Sincères salutations, « Poulou »


 


 


 


 


 


 


 


 


 



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